PostHeaderIcon Petit tour dans la Montagne Noire (24/05/2008)

Reveille-matin 6h. Quoi ?! Déjà l'heure d'aller bosser ??? Non, il est trop tôt, cette heure là, c'est une sortie VaRouler qui s'annonce.

Petit dej brumeux. Remplissage du camel. Oups, je manque d'oublier la fourchette indispensable à la dégustation des pâtes froides dans un sachet plastic. J'enfile le cuissard à l'envers, puis dans le bon sens. Et vélo sous le bras, me voici en tenue de danseuse à 6h45 rue de Metz !

Dante me rejoins et premier tour de roue vers ma voiture.
Vélo chargé, direction la piscine de Bellevue, nouveau lieu de rendez-vous pour les sorties "vers l'est".

7h05, pas de trace de notre complice du jour, Stéphane.
7h10, toujours personne. 7
h15, après un vote à la majorité de nous 2, on va voir au McDo si Stéphane ne s'y trouve pas.
7h17 retour à la piscine, toujours personne.
7h20 on décide à l'unanimité que Steph ne s'est pas levé et on décide de partir....

A61, 7h46: le temps est gris, on commence à ne plus capter les stations FM toulousaines. Va falloir scanner pour avoir de la zique (maudit RDS)

A61, 7h52: le temps est toujours gris. Je montre la direction de la Montagne Noire à Dante. "Regarde, c'est là qu'on va. Dommage, c'est bouché..."

Carcassonne, 8h06: "P...., le gasoil est 1€51 ! Ca va faire mal les sorties cette année"

Villalier, 8h15: "Stop, on s'arrête à la boulangerie"
Une voiture s'arrête derrière nous. "Qu'est ce qu'il nous veut celui là ?". "Et en plus il sourit". "P..... ! ! ! Stéphane ! ! ! !". "Qu'est ce que tu fous là ?". "Ben on a du se croiser entre la piscine et le McDo" "Ah bê ça c'est malin !" "Au fait, j'ai du pain, pas besoin que t'en achète"
Et on se remet en route....

Villegly, 8h22: "Dante, c'est de là que part le Cap Nore". "Le Cap quoi ?" "La rando hors de prix pour ceux qui viennent de loin"

Cabrespine, 8h35: voitures garés à l'endroit habituel. On monte les vélos. "P....., ça caille". Stéphane: "La dernière fois, on eu 0°C au Pic de Nore"
Mon Lapierre fait un bruit d'enfer. A croire que le cadre va finir en poussière. Tout craque. Je me dis qu'un peu de graisse ne lui ferai pas de mal mais l'idée de démonter toute la suspension m'angoisse un peu.
Le SC de Steph brille encore, comme un poussin qui aurait encore son duvet (mauvaise analogie, un poussin, ça ne brille pas. Mais c'est à ça que j'ai pensé). Et une Lyric en 36, ça calme. Au moins, je me dis que son vélo doit bien faire 2kg de plus que le mien. Toujours ça de gagner.... Pour Dante, va falloir la jouer au mental. Et puis il ne connait pas les chemins, il sera bien obliger de m'attendre....

"Bon, c'est pas tout, mais on se les pêle. Faudrait y aller pour se réchauffer un peu !"
Et voici 3 fiers cavaliers qui chevauchent leur non-moins fières montures partis à l'assaut la Montagne Noire !

Ce qui a de bien en partant de Cabrespine, c'est qu'on a vite chaud. Foutue montée. Dire que j'étais à la rue déjà mercredi sur les coteaux. Je résiste à la tentation du petit plateau et passe la première montée en force. Je me répète intérieurement: te mets pas dans le rouge, te mets pas dans le rouge !
Premier panorama sur....rien du tout, c'est bouché. J'imagine les Pyrénées du Canigou au Pic du Midi devant moi. Et puis on remet la tête dans le guidon. Les quelques portions plates permettent de profiter des odeurs...toute la végétation est en fleur. Ça change de l'été où tout est sec.
Deuxième raidillon. Je ne préviens personne, comptant sur l'effet de surprise pour prendre un peu d'avance et garder mes 2 missiles sol-air à distance. C'est raté, je les ai tous les 2 dans ma roue. Heureusement que j'ai pas fait pilote de chasse.

Ce qu'il y a de bien avec la Montagne Noire, c'est qu'il n'y a pas de surprise. Tu sais quand ça monte, tu sais quand ça descend. C'est tout ou rien.
Petite évocation cinématographique (tiens, ça servira de minute culturelle pour Karine) "Tu vois Tuco, dans la vie, y a 2 sortes de chemin: ceux qui descendent et ceux qui montent. Toi, tu montes !"
Mais faut pas se plaindre non plus: à cette heure ci, y en a qui bossent à l'usine. Et d'autres qui aimeraient pouvoir y bosser. Et puis cette montée, elle est pas si terrible. Elle dure qu'une petite heure. Et on arrive même à discuter.

Je commence à être enfin heureux d'être là. Oublier le réveil aux aurores. Oublier les douleurs des premiers mètres. Presque oublier qu'il fait un temps pourris. Enfin, il pleut pas (encore), c'est toujours ça.

Première variante de la journée. Stéphane propose de faire la descente en forêt au dessus de Castanviel au lieu de le rejoindre par la piste. Ca nous fait juste monter un peu plus, on est plus à ça pres...

Le sommet, enfin. La première chose que je fais: baisser ma selle. C'est psychologique. Pour me convaincre encore un peu plus que la descente est enfin là. Petit allègement de la vessie, réglage de la fourche.
Et go....heu, "Stéphane, qu'est qu'il t'arrive ?"
"Ma Lyric est comme un bout de bois, j'ai essayé de la régler"
"Et ?"
"Et je crois que j'ai vidé la cartouche d'air...."
"Oups, elle va beaucoup moins bien marcher maintenant !"

Et comme personne n'a eu la bonne/super/exceptionnelle/géniale idée d'amener une pompe haute pression, la descente s'annonce plutôt fun avec le choix entre fourche bloquée ou fourche molle...

"Bon aller, F..K la technique, on y va"

Ce premier single est super piégeux. Creusé, avec des grosses pierres recouvertes par des feuilles. Je me souviens d'une chute pbd-esque la dernière fois. Donc prudence.
Castanviel. Village fantôme à cette heure ci. Je me demande même si il y a une seule heure où il n'est pas fantôme.

Un peu de route et voici l'entrée du single supersonique.
Stéphane prodigue les recommandations d'usage: "La dernière fois, y en a un qui s'est enflammé et à finit 3m plus bas dans le ravin."
"Ok, c'est noté"

Ma prudence naturelle m'invite à fermer la marche.
Qu'est ce qu'il est bien ce single ! Quel régal !

La portion trialisante du lit de la rivière approche et là, c'est le drame !
"Pssssccccchhhhhhhiiiiiiiiiiiiiiiittttttttttttt" s'exclame ma roue.
"P...... ! ! ! ! SHIIIIIIT!! ! !! !! ! !! ! !" s'exclame ma bouche.
Bon aller, j'ai surement juste pincer. En tubeless, un coup de pompe et ça repart....
Mais non, c'est pas la journée où j'ai de la chance. 4cm ! 4 P@%*!/n de cm ! Fente de 4cm ! ! ! Voilà ce qui balafre mon Larsen ! Et dire que j'avais pas crevé depuis les Mines du Liat en septembre. Ce coup, j'ai pas fait les choses à moitié.

Stéphane sort de son camel un bout de plastic imitation carbone, un truc bien rigide qui se prête bien au collage interne. Un peu de scotch alu là dessus, une chambre, quelques coups de pompe et ça repart. Mais avec le moral dans les chaussettes. Pas question pour moi de monter à Nore ou de faire la descente de Lespinassière. Au mieux, je pourrais finir le supersonic-single à la vitesse d'un DC3. Et puis ce sera la punition suprême, la route jusqu'à la voiture pour un retour prématuré. La suite du single est pourtant encore mieux que le début mais je n'en profite pas, avec la crainte que mon pneu ne lâche.

Single terminé, le Larsen tient le coup, malgré sa déchirure qui s'élargit.
Stéphane ne se sent pas non plus la suite du parcours avec sa fourche "dégonflée".
Dante: "Il n'y aurait pas un magasin de VTT par ici ?"
Steph et moi en coeur: "Non, on est en plein dans la pampa ici !"

Evaluation des options:
1- Dante et Steph continue, je rentre. Mais ils ne connaissent pas bien les chemins
2- Je leur passe mon GPS
3- On rentre tous par la route
4- On rentre mais par le sentier Carcassonne-Minerve (hé hé !)

Bon, aller, option 4. Et puis on verra à Cabrespine ce qu'on fait.

Traversée de Caunes Minervois.
Coup de bol, je me rappelle du départ de ce sentier (en fait c'est une route puis une piste) car on l'avait emprunté une fois avec Philippe et Karine. Et pour ne pas déroger à la règle de toute montagne: il monte !

Voila qu'on se remet 400m de D+ dans les dents. Les jambes sont là mais pas le moral. Heureusement qu'il ne pleut pas.
Idée en cours de route pour sauver ce qui peut encore être sauver: faire quand même le Roc du Tonnerre. Au pire, en cas de casse, on peut toujours finir à pieds. Et puis ce chemin nous amène carrément au départ de la descente, ce serait une honte de ne pas la faire.

Ça y est, finit la montée !
Baissage de selle au départ
"Dante, tu vas voir, ce single c'est un vrai caviar"

J'ai beau connaitre chaque caillou de cette descente, pas rassurer avec mon pneu défiguré. On va la jouer cool, pas le bourrin de service.

Et c'est quand même un régal cette descente. Dès les premiers mètres, je me dis que la journée est sauvée. Même si on ne fait rien d'autre, ça aura valu le coup.
Tiens, Dante est arrêté au bord du chemin. "Un problème Dante ?"
"Je crois que j'ai crevé..."

Réparation en plein milieu du single. Ça ne dérange pas grand monde non plus....
Et on repart pour en profiter encore un max sur les quelques centaines de mètres qu'il reste.

Puis voila, la descente du Roc du Tonnerre est finie. Comme d'hab, une banane énorme à l'arrivée. L'orage menace. On aurait surement pris une rincée là haut. Et puis on a quand même fait 30 bornes et 900D+, pas si mal avec 2 bikes défaillants.

12h22: le temps de se changer et la pluie est là. On mange notre picnic sous un arbre à proximité des voitures, pas très nature tout ça. Mais au moins on est à l'abri de la pluie.
Et pour finir comme il se doit une sortie à Cabrespine, petite mousse au Cht'mi. L'occasion de débriefer la sortie et de projeter la suivante.
Puis le retour vers Toulouse. Mélange de joie et de déception de ne pas avoir fait la sortie complète.

18h, Toulouse: coup d'envoi de la finale de la Coupe d'Europe de Rugby entre Toulouse et le Munster.
19h50: défaite de 3 points du Stade, c'est la looouuuuse !

2h du mat: j'écris ce CR, faut que j'aille dormir

Nico

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Portrait de PBdA
Super CR


Super CR, Nico. Tu devrais toujours les faire à 2h du mat. Et puis c'est sympa de m'attendre pour explorer les nouveaux sentiers o=)

Philippe BdA