PostHeaderIcon pas pour âme sensible au bitume - Tour des Flandres (05/04/2008)

Weekend de fête en Flandre profonde pour la reine des classiques, le tour de Flandre, "de Ronde van Vlaanderen". Le dimanche, c'est la course pour les pros et le samedi, ce sont les "Jean avec la casquette" qui préchauffent les pavés et les "murs" si redoutés. Un Varouler au départ, enfin je crois, car pas évident de le croiser parmi les nombreux (lire : dix sept mille) Flandriens déguisés en Boonen, Cancellara, Gilbert, etc.
On a annoncé un temps mitigé avec de beaux éclaircies dans l'après-midi. Départ à 8h30 à Ninove avec 10 autres co-équipiers. Les premières 30 km sont avalées à un rhytme tranquille en groupe car il faut garder toutes les cartouches pour la finale. Malheureusement, au bout de 1 heure, il commence à pleuvoir et ca n'a presque plus arrêté jusqu'à 30 km de l'arrivée. Ca rend le parcours beaucoup plus difficile et surtout dangereux, mais ca le rend encore plus mythique.
Le 1ier mur "de Molenberg", des pavées en mauvais état qui, en plus, sont devenus glissant à cause de la boue et le sable. Normalement, on y passe à peine à une voiture et la il y a déjà 2 rangées de cyclistes à pied de chaque côté. La chaîne complètement à gauche pour avaler la partie la plus dur à 14%, et là lap, changement de direction pour doubler, un co-équipier touche ma roue arrière et on se retrouve tous les 2 à pied pour faire les derniers 300m à pied... zut, ca promet car il en reste 14 et c'était pas le plus dur.
Avant d'attaquer le fameux "de Oude Kwaremont", il y a un passage de plusieurs km sur des pavés suivi par "de Wolvenberg', un mur à 17% mais sur du bitume, donc ca va... Ce qui est marrant quand on roule sur les pavés (surtout quand on a l'habitude de rouler sur un tout-suspendu avec des pneux en section 2" minimum), c'est qu'on se demande comment les roues arrivent à résister à ces chocs. En plus quand ca descend, on a du mal à freiner avec les doigts crispés. Enfin bon, le premier "test", c'est le "de Oude Kwaremont", c'est le plus long avec ces 2,2 km de pavés montant jusqu'à 12%, donc il faut bien gérer son effort... premier test réussi. Entretemps, le groupe s'est déjà divisé en 3 groupes. Et, à partir de maintenant, ca se suit rapidement avec "de Paterberg" (20%) suivi par "de Koppenberg" (22%). Murs de 5 étoiles, pavés, mais moins glissant que le premier heureusement. Je me mets dans un bon rhytme, la pente devient plus raide, tout à gauche, ca va passer... zut, deux inconnus devant moi décident de s'arrêter en même temps et de me bloquer la route, godverdomme, je me retrouve à pied alors j'aurais pu arriver au bout. Et sur "de Koppenberg", le plus mythique, encore un drame, un cycliste au bout de ses forces s'arrête en travers encore juste devant moi... grrrrh.
Le peloton commence à s'étaler un peu plus, ca devrait mieux passer après, "de Steenbeekdries" est moins dur que les 2 précédents. Et enfin, "de Taaienberg" (16%) a été avalé sans s'arrêter, la première cartouche est partie.
Avant d'attaquer la vrai finale, 5 murs restent à grimper, en théorie moins durs, mais les jambes commencent à faire mal : "Berg Ter Stene", "de Leberg", "de Berendries", "de Valkenberg" et "Tenbosse". Les jambes tournent bien ronds et ils restent des forces.
On voit de loin le lieu mythique "Geraardsbergen" (Gramont), ou d'habitude pour les pros la dernière sélection se fait sur LE Mur, "de Kapelmuur" (20%). Beaucoup de spectateurs, beaucoup de cyclistes, il faut utiliser les épaules pour doubler (et les jambes bien sûr). Je balance une grosse cartouche au pied du mur (le petit gel énergétique fait son effet), on arrive au secteur pavé, léger virage à gauche, et là ca grimpe, on arrive sur le petit faux plat avec le bar en face, je balance la dernière cartouche pour arriver au sommet juste avant un co-équipier. Il faut "venir de loin" pour arriver la avec encore du jus, mais à partir de là on est plus très loin.
Il reste que "de Bosberg" (11%), pavés avec le vent en face, ou j'ai l'impression d'avoir laisser ma dernière cartouche sur le Mur... Les derniers 12 km sont avalés a un bon rhytme avec presque du soleil. Et c'est l'arrivée! 145km, environ 6h30 de vélo, suivi par 9h de hydratation aux minéraux locals... ca c'est de l'endurance ;-)

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Portrait de ughy
Bravo!


Excellent Steven! Grandiose ce compte rendu!
Et quelle endurance!! Respect! :o)