PostHeaderIcon Autour du Quiè de Lujat (13 Nov 2011)

Voilà un moment que je traine autour et sur les falaises du Quié (escalade) .

J'avais d'ailleurs réalisé la traversée depuis la base du portage jusqu'à Barry il y a sans doute une dizaine d'année afin d'examiner le meilleur chemin pour accéder au sommet des parois. J'avais gardé un très bon souvenir des paysages et voilà un moment que je me disais qu'il serait bon d'aller y poser les roues. "PetitCabri" de chez LPI m'a devancé et c'est tant mieux car au départ, je n'imaginais pas y monter à pied et ce n'est qu'à force de regarder sa trace et après un coup de fil que j'ai du me rendre à l'évidence que de toute façon il n'y avait aucun accès sur le vélo et que dès lors, autant monter raide pour profiter de la descente la plus longue possible. Le passage par les épingles qu'il avait mis dans le package étant bien beau, je l'ai laissé mais, j'envisageais aussi d'explorer le bas de la montée vers le Fourcat en passant par Croquié. Gourmand le garçon. Enfin bref, la trace a évolué pour tout de même conserver la descente la plus longue du haut du Quié vers Bompas.
Avec la météo très douce de ce début novembre, j'ai donc proposé le projet et malgré 400m de D+ en portage il y a eu des volontaires !

la trace : http://www.visugpx.com/?i=1320960141

En ce 13 novembre, nous nous retrouvons donc à 7 à 8h30 au CNES. Le temps de charger les vélos, nous voici parti direction Bompas peu avant Tarascon.
A Toulouse le vent souffle déjà fort. Là bas, pas même une brise et c'est tant mieux car il ne fait que 6°C.
Le temps de s'équiper, nous attaquons à 9h30. Tout le monde est en cuissard court mais j'ai quand même ajouté une paire de jambière.


Echauffement sur la route jusqu'à Arnave où j'ai prévu un "apéritif" pour chauffer les cannes avant la montée au col d'Ussat. La pente est bien raide et c'est le premier poussage de la journée et aussi l'occasion de tomber les couches. Nous voilà chaud pour attaquer la montée au col.
Gasp, c'est bien plus raide que je ne le pensais. Evaluer correctement une pente sur les lacets d'une carte n'est guère facile. J'aurais du passer un coup de fil à JPR31... Mais par où passer de toute façon? Je m'acharne mais bon, on n'échappe pas à un premier portage poussage. Cela roumègue un peu et Hervé commence même à songer à faire demi-tour. Il faut dire que son Cannondale vintage n'est pas des plus adaptés. Nous faisons une pause en haut du raidillon et nous repartons sur le vélo. L'arrivée sous le col réserve encore un beau challenge sans doute faisable avec une adhérence meilleure.
Nous voici donc au col d'Ussat pour la première fois de la journée. Je fais quelques photos du pylône électrique et du groupe enfin au complet. J'avais initialement prévu d'essayer la descente du "Clos de la Carbonnière" mais, après cette montée plus pénible que prévue si la partie haute de la descente doit se faire à pied cela ne serait pas agréable. Nous prenons donc l'option de la descente directe vers Barry d'en haut. Et c'est une très bonne surprise. La partie haute est bien raide avec des grandes dalles rocheuses à l'adhérence excellente. Il faut retrouver ses marques rapidement car le premier passage en dévers hérissé de bloc est assez impressionnant. En l'attaquant de biais, cela passe bien et les épingles suivantes aussi moyennant parfois un petit repérage pour voir où passer. Jean Pierre sera victime de la seule crevaison de la journée. Le reste de la descente est un chemin creux avec portion de virages relevés par endroit, un régal. De barry d'en haut à Barry d'en bas, Antoine a vu une trace sur la carte et nous l'expérimentons. Elle nous évite ainsi la route. Sur la terre humide, je ne songe même pas à essayer les deux virages en épingle hyper raides sachant que tout à l'heure, nous en aurons un wagon (47 sur la trace !). Au rassemblement Claude nous montre comment tomber à l'arrêt pied bloqué sur la pédale (Vous pouvez passer aux pédales à picots quand vous voulez ! A part en XC, les cales ne servent à rien).
Cette excellent descente à remis des sourires sur tous les visages même si la partie haute a vue quelques piétons. Nous somme au bord de l'Ariège et alors que cinq minutes auparavant nous avions chaud, l'humidité et l'ombrage des arbres m'incite à remettre une couche. Les variations de températures seront sans doute le thème météo de la journée.
La remontée de l'Ariège se passe sans encombre. Quelques passage humides, un petit portage sur 50m de long en contre haut d'un coude de la rivière. Un effondrement à contourner au niveau du lac.
J'en profite pour détailler à mes voisins les secteurs d'escalade des falaises de Quié. A partir du secteur initiation, nous roulons sur une piste puis une petite route nous mène à Verdun. Comme ensuite l'eau risque de manquer, je vais boire un grand coup avant d'attaquer les 1000m de D+ qui arrivent. Tout d'abord 500 m par la route
puis 500 sur piste. A quelques virages de la fin de la partie bitumée, ayant repéré une variante qui chemine le long du ruisseau, je la propose tout en mettant en garde sur le final qui me semble assez raide. Jean Marc, Jean Pierre et Thomas m'accompagne. Cela commence très bien par une piste toute neuve qui nous mène à un barrage anti avalanche. Cet aménagement récent semble se poursuivre par un bon chemin (guet bétonné) et nous quittons ce que j'avais prévu pour suivre ce chemin qui finit par se perdre... Et nous avec. Une sente continue et nous l'empruntons en poussage. Une cabane d'enfant (genre tipi) nous redonne espoir mais au lieu de remonter dans la pente (ce qui aurait été mieux sans doute), nous poursuivons sur la sente qui finit aussi par se perdre. Un vieux bidon, un train avant de voiture, une machine à laver nous indique la proximité de la route... Après un instant d'hésitation, je laisse le vélo pour monter "droit dans l'pentu" voir ce qu'il en est. Quand je redescend, Thomas n'a pas attendu et entame la montée. Nous nous entraidons pour passer les différents obstacles et c'est sous l'oeil narquois de Claude que nous débouchons de la séquence jardinage du jour.

Mais bon, fini de rire, il reste 500m de D+ sur piste avant le casse croute. La piste est en bonne état mais il fait bien chaud et certains tirent la langue. Première pause/regroupement après 250m de D+ (citerne). Nous mangeons un truc puis repartons. Je fais une nouvelle halte "regroupement" à coté d'un ruisselet où nous nous rinçons un peu de la sueur.


J'en profite (comme ici) pour évoquer "Basculement" cet excellent livre de "Lester Brown" sur la situation écologique de la planète. Arrive enfin le sommet. La vue est splendide. La crête frontière est blanche de neige et surmontée d'une épaisse couche de nuages. Il est prêt de 14h00 quand le plus jeune et le plus âgé pour ne nommer personne finissent par arriver. Claude a des crampes mais comme il a pris un coup de gnôle à la pause, je pense que ce n'est pas forcément la manque de sel dans le bidon qu'il faut blâmer. Nous mangeons de bon coeur. Tout le monde est en haut et nous pouvons entamer l'intégrale des épingles. Le soleil est généreux, je remet quand même une petite laine avant de plonger dans le vallon ombragé qui abrite la hêtraie véritable écrin à un des chemins les plus ludique que je connaisse (et que je découvre ici, merci aux membres de LPI qui ont eu l'excellente idée de le tester).
La couche de feuille est épaisse mais ne cache pas de traitrises. Les épingles passent quasiment toutes sans problèmes. Du pur bonheur. Cela fait plaisir de voir de pareils sourires sur tous les visages !

Malheureusement et comme toujours, la descente dure moins que la montée et il est environ 15h00 quand nous rejoignons la route. On croise un local qui devine rapidement à nos mines réjouis d'où nous venons. Il a nettoyé le chemin ! Qu'il en soit remercié ! Nous sommes plusieurs à manquer d'eau. Une maison proche du carrefour montre des signes de vie. Nous allons quémander le précieux élixir de vie. Hélas, il n'y a pas l'eau courante et nous ne prenons que le minimum à la bande d'enfant qui s'épanouit là en pleine nature.
Mais bon, fini de rire, les décisions s'imposent. Qui continue, qui rentre par la route. Hervé, et Claude décident (en toute logique) de rentrer. Thomas hésite. J'insiste, il se laisse convaincre...

Et nous voici reparti. Nous descendons par la route jusqu'au premier lacet pour attraper le chemin qui part dans l'angle. Un petit escalier, une passerelle avec 2 traverses nous mène sur une bonne trace d'environ 1m de large, balisée de points rouges. Le début de la remontée se fait sur le vélo mais quand on arrive au bas d'un raidillon pierreux, nous savons qu'il n'est pas la peine de se griller inutilement et nous entamons le portage. Chacun sa technique. Jean Pierre pousse. Jean Marc pose le vélo à plat sur le sac, Thomas met la selle sur l'épaule. Perso j'aime bien le tube diagonal en travers des épaules. Même si j'accroche un peu les branches, cela ne me tord pas le dos. Y a plus qu'à ! Je débranche le cerveau, mets l'automate en route et en avant.

Après 20 minutes, la colonne s'est étirée. Il fait bien chaud avec le vélo sur le dos ! Une pause s'impose. Thomas que j'ai connu plus en forme en chie et le dit. Les autres le disent moins. Quand à moi, je n'ai pas le droit de me plaindre ! On repart. La pente augmente encore. Il faut faire attention où placer les pieds sur des marches assez balaises. Mais bon si les meilleures choses ont une fin, les moins bonnes aussi et l'on commence à deviner le sommet à travers les branches. La pente se calme. On fait une dernière halte. Thomas semble loin derrière. Je descends un peu le chercher plus pour le moral qu'autre chose car en fait il débouche de l'épingle d'en dessous et n'est qu'à 50m. Il a eu une crampe et se demande un peu ce qu'il était venu faire dans cette galère. Après cinquante minutes de portage, nous débouchons enfin dans les noisetiers du sommet. Je roule un peu pour rejoindre la prairie remarquable qui orne le plateau d'un feutre vert tendre et dont je me souviens fort bien. C'est un véritable green. L'herbe est rase et drue. Elle monte à l'assaut des blocs posés de ci de là et en recouvre certains. Thomas se sent déjà mieux rien qu'à la vue du spectacle mais les crampes ne le laisseront pas tranquilles... On se couvre car le soleil est derrière les falaises et que désormais, on va rouler.
Nous repartons et il est bien agréable de rouler à plat même si le rendement sur cette épaisse moquette n'est pas excellent. Par endroit des bulles d'air chaud trahissent les derniers endroits à être passé à l'ombre. Au bout de la prairie, les arbres aux couleurs de l'automne attrape le soleil. La trace se creuse un peu. Petit halte orientation au panneau en haut de la montée arrivant de Barry. Nous continuons vers l'est. Un moment au soleil sur le green, la température prend 10 degrés. Nous entrons dans le bois. La voute des arbres est haute, les hauts futs des hêtres nous font une standing ovation ! Le tapis de feuille rousse est très épais mais cache hélas nombre de racines. Je passe les suspensions sur tout tout mou. Thomas fait une chute sans conséquences. Puis une autre, à l'arrêt cuissots tétanisés. Le chemin continue à flanc mais change radicalement de nature. Plus de racines mais une belle trace de terre brune creusée dans un couloir de prairie rase. Les ondulations de la trace sont très ludiques. Le soleil bas jette une lumière dorée sur tout cela, nous sommes heureux. Et ce n'est que le début...
Changement de versant. Après le col de Faboscur, la pente augmente et le chemin se fait toboggan. Les épingles sont larges et creusées. On élargit sur les épaulements généreux façon "wall ride", on dérape quelques épingles... Ici, le tapis de feuille ne cache rien. Les exclamations de joie remontent à mes oreilles. "C'est génial", "C'est plus du vélo, c'est du ski ! ". Nous débouchons finalement au col d'Ussat. L'euphorie est générale. Oui, il faut porter 360 m (mesuré au gps) mais alors cela les vaut bien ! Et on continue croisant à l'équerre la trace du matin. Et cela continue. Il faut faire un effort pour se méfier quand même dés fois qu'une pierre ou une branche tombée ne viennent gâcher la soirée. On se regroupe en bas. Jean Pierre propose en rigolant: "On se la refait ?" . On s'inquiète un peu du retard de Thomas mais ouf on entend des bruits de feuilles. Il a du faire une pause à cause des crampes.
Et malheureusement pour lui, il faut remonter un peu puis un peu plus avant de redescendre sur la chapelle de St Paul d'Arnave. Un coup d'oeil à la carte pour visualiser le reste du parcours nous indique quelques 80 m de D+ à remonter. Il commence à se faire tard. Jean Pierre et Jean Marc commencent aussi à ressentir des crampes. Antoine tient bien le coup (et moi aussi). Nous décidons de couper au plus court. C'est une descente caillouteuse et technique juste ce qu'il faut qui nous mène à Arnave où nous rejoignons le bitume. Légère descente et moulinage au programme. Ceux qui ont un grand plateau le mette (il faut bien l'user un peu! ) . Le temps de dévaler les 2 km de bitume qui nous restent avant les véhicules, il est 17h00.

Claude nous accueille avec bière pour les uns, scwheppes pour les autres, cahouettes, saucisses de foie, jambon ...