PostHeaderIcon Lever de Soleil et Pic de Baljésou 15-10-2011

3h00, le réveil sonne. Ma nuit fut courte, mais j'apprendrai plus tard quel celles de Gilles et de Bonnino le furent encore plus.

Après un bon bol de muesli, me voilà à l'échauffement pour rejoindre le point de rendez-vous, où Bonnino m'attend déjà. Après un bout de rocade, nous retrouvons Gilles, qui lui aussi est descendu de chez lui en vélo.
La route est sans encombre et malgré les nuits courtes, personne ne dort.
Peu après Tarascon sur Ariège, Bouan, terminus, sur une petite place. Il ne fait pas bien chaud et je trouve Bonnino et Gilles bien courageux d'avoir opté pour le short, moi qui ai un cuissard long.
La montée sur une petite route au clair de lune nous réchauffe néanmoins bien vite. Au neuvième virage, nous évitons la piste qui coupe, pour traverser le village de Larnat, à la recherche d'une fontaine, que nous trouvons devant l'église pour compléter nos réserves d'eau. La montée initiale se poursuit sur piste sous les étoiles jusqu'au col de Larnat.
Et voilà 700m de D+ avalés à bon rythme.
Continuant sur notre lancée, nous nous engageons sur la route forestière de la forêt de Miglos. Un peu plus loin, à un embranchement, nous croisons un 4x4 avec quelques personnes à bord: gardes chasse ou chasseurs? C'est, à 7h du matin, les seules humains que nous croiserons de la matinée.
En sortant de la forêt, nous aboutissons aux rochers de Miglos, à 1700m d'altitude. Petite pause. Le ciel est déjà bien clair et le sommet encore loin. Un coup d’œil à la montre: 7h48. N'est-ce pas l'heure du lever de soleil? Nous décidons alors de l'attendre, perché sur les rochers de Miglos. Mais le soleil se fait attendre, le bougre. Enfin, il daigne sortir de derrière le Tarbésou, illuminant dans notre dos la Pique d'Endron et le pic rouge de Bassiès, dont nous cherchons vainement à lui trouver une teinte digne de son nom.
C'est bien beau, mais nous nous somme sacrément refroidis, aidés par un petit vent, et la journée n'est pas finie.
Nous reprenons alors doucement les vélos pour enchaîner avec la piste pastorale, toujours en montée, jusqu'au pas de l'Escalier. Au passage, une petite combe ombragée est blanchie de givre. Plus loin, quelques chevaux paissent paisiblement à près de 2000m d'altitude sans sembler souffrir du froid.
Au Pas de L'Escalier, après 1300m de montée sur piste, nous attaquons le premier portage de la journée pour nous hisser 200m plus haut, sur la Serre du Pas de l'Escalier. Une fois la grimpette effectuée, nous nous trouvons sur une crête herbeuse, descendant en pente douce vers l'ouest et bordée d'une falaise à l'est. Ça roule sur le petit sentier jusqu'au dôme suivant, le pic du Galbe, dont nous évitons le sommet par l'est, côté falaise donc: le passage exposé se fait doucement, puis en marchant. La descente du dôme se fait sur le chemin ou mieux en freeride à côté, car le chemin un peu étroit et creusé n'est pas des plus faciles.
Devant nous, le Baljésou. Le, ou plutôt les sentiers coupent à flanc vers le sommet, un peu décalé par rapport à la crête. Quitte à porter, nous décidons de monter plus droit dans la pente, et atteignons le rocher du Pas de Egues, légèrement plus haut que le Baljésou avec ses 2309m. Nous en prenons plein les yeux du paysage alentour: derrière nous, le pic de Bèze offre une large pente douce, derniers herbages avant les pics rocheux de la frontière andorrane. A droite, la profonde vallée qui mène au port de Siguer, puis le pic de Cancel, la Pique d'Endron.

Nous envisageons les multiples options de descente et, emportés par l'euphorie du sommet et le soleil radieux, nous optons pour une descente par la vallée de Siguer, puis Miglos et remontée au col de Larnat.

Nous commençons par un joli freeride d'estive et passons par le sommet du Baljésou. Un passage un peu rocheux nous oblige à un portage sur quelques dizaines de mètres, puis nous reprenons le chemin de crête, passant par le Pic du Midi de Siguer, qui, à l'instar du Baljésou, n'est en fait qu'un replat sur la crête. Nous quittons la crête, toujours à vélo pour basculer sur la jasse d'Oustenac, occupée par un petit barrage et une cabane. Dans le replat, le chemin se perd, et, occupés à surveiller quelques chevaux à côté, nous perdons sa trace. Après une petite séance de recherche et un coup d'oeil à la carte, nous retrouvons le sentier sur la droite de la vallée, pour descendre un raidillon vers la Jasse de Peyriguels. Le sentier ne passe pas toujours sur la selle, encombré qu'il est par quelques rochers. A la cabane de Peyriguels, deux chasseurs d'Isards s'étonnent de notre présence dans cette vallée perdue. Après discussion et remplissage des gourdes, nous reprenons le chemin, sensé remonter vers le col de Lars. Cependant, les marques jaunes que nous suivons semble mener vers un rétrécissement de la vallée. Après nouvelle discussion et étude de carte, nous décidons de suivre le tracé prévu et validé par les chasseurs et de suivre une sente jusqu'au col par un petit portage de 80m D+. Il faut vraiment savoir son existence pour deviner le chemin qui descend du col vers la forêt. En sous bois, le sentier se distingue heureusement mieux, mais nous le perdons encore une fois alors qu'il passe en zone découverte. En sous bois, les virages s'enchaînent et passent, pour certains en dérapage sur les feuilles. Nous débouchons sur une piste, qui monte un peu avant de filer droit vers Gestiès. C'est là que je m’aperçois que ma roue avant bat la mesure de gauche à droite: la jante s'est méchamment voilée, peut-être, lors du jardinage dans la Jasse d'Oustenac, alors que ma roue avant s'est enfoncée jusqu'au moyeu dans un trou, transformant mon vélo en catapulte. A Gestiès, je vérifie que les rayons ne sont pas cassés et dévoile grossièrement la roue en l'appuyant sur un poteau de signalisation. La liaison Gestiès - Arquizat fait partie d'une trace LPIVTT (moisson de singles au départ de Niaux) mais décrit il y a quelques années comme détruite par une exploitation forestière. Nous tentons le coup pour voir ce qu'il en est: C'est d'abord une piste forestière bien tracée qui monte tranquillement, puis par petit raidillons et laisse subitement place à un sentier sous les hêtres. Ce sentier est irrégulier, semble peu fréquenté et parfois en devers, mais ça passe, jusqu'à une zone un peu chamboulée que nous traversons à pied pour atteindre une trace d'exploitation forestière en terre ondulée par les engins. Ce n'est pas des plus plaisant, mais ça roule en descente jusqu'à Arquizat. Sur la défensive avec ma roue encore un peu tordue, je fait chauffer les freins. En m'attendant, Gilles tape la discute avec le bucheron.

Arquizat, c'est la dernière montée de la journée, de 450m, que nous effectuons sur route puis piste, chacun à son rythme, jusqu'au col de Larnat.

Vu l'heure avancée - bientôt 16h - et l'état des troupes, nous oublions les options sentiers et dévalons la piste et la petite route que nous avions pris à l'aller. La descente sentier sera pour une prochaine exploration.

Bilan de la journée: environs 55 km et 2600m D+