PostHeaderIcon 4 jours aux Pyrénées (4/4) - Garin - Bourisp (28/06/2010)

4ème jour : Garin - Bourisp

Les photos de Franck et Vincent

La douce température matinale permet à tous de prendre le petit déjeuner en terrasse. Pain d'épices artisanal, miel, confitures au miel et reste de gâteau aux myrtilles agrémentent ce premier repas.
Après un rapide ménage des gîtes et la photo de groupe du départ, nous nous échauffons tranquillement par la route, en direction de Cathervielle. Peu après le village, sur une petite route bordée d'arbres en partie truffés de cocons de soie informes (chenilles ou araignées ?), une fouine traverse devant nous. Au fond de la vallée, le bitume laisse place à un béton rainuré, qui grimpe fort au milieu d'un petit groupe de chalets montagnards lourdement décorés de photographies, et nous mène au départ de « la Passejade », chemin en balcon qui doit nous ramener à l'extrémité Est de la montagne d'Espiaube, au dessus de Benqué.
C'est d'abord une courte mais technique voie romaine qui grimpe jusqu'à une barrière électrique et laisse place à un sentier bovin : l'horreur du vététiste, dont la progression, même à plat, est délicate, avec la menace de la clôture sous tension du côté aval. Une barrière de plus à franchir, et le chemin devient à nouveau roulable, avec en prime le point de vue embrassant toute la vallée du col de Peyresourde, bien appréciable. La petite file de Va Rouler aborde alors une zone d'arbrisseaux brulés dans une pente traversée de nombreuses sentes tracées par les animaux ou les hommes et plus ou moins indiqués sur la carte. Franck, Pbda et Gilles poursuivent la trace le long de la Passejade ou de ce qu'il en reste tandis que les autres préfèrent couper dans la pente rejoindre une sente qui trace au plus court vers une crête. Ce petit portage rejoint la piste bien tracée qui monte depuis Benqué-Dessus et que nos trois camarades ont atteint quelques lacets plus bas.
La troupe reconstituée profite du point de vue sur les vallées et monts du Luchonnais et la Maladeta, au loin derrière, qui nous surplombait 24h plus tôt. Nous reprenons la piste de Benqué, qui part en traversée montante vers la droite, et évitons la piste qui longe la forêt, déconseillée par notre hôte Vttiste de la nuit dernière. En chemin, quelques vaches s'écartent gentiment pour nous laisser passer. La piste, mi herbe, mi terre tassée, est assez roulante et mène jusqu'à la petit cabane de Courreau. Philippe, en bon guide, précise qu'il ne faut plus alors grimper et tirer à flanc pour atteindre un passage dans la clôture. Trop tard pour Fanck et Vincent, emportés dans leur élan, qui coupent alors à flanc, entre bruyère et myrtillers et enjambent le fil de clôture. Plusieurs faibles sentes sillonnent la pente et la progression est finalement assez aisée, jusqu'à ce que la sente en question décide de grimper droit dans la pente. Tout à gauche, couché sur le vélo et le moulin au ralenti, ça passe quand même. Il semble qu'à cet endroit, la population soit plus ovine que bovine et cela est bénéfique sur l'état des sentes.
En vu du Pas des Portes, nous nous regroupons à nouveau près d'une cabane dont ma carte ne me dit pas le nom. Les sentes sont maintenant mieux marquées et convergent toutes vers le Pas des Portes, se regroupant pour former des sentiers parallèles. Dans cette montagne à vaches faiblement caillouteuse, le sentier, tant qu'il ne monte pas trop ou n'est pas trop creusé est bien praticable à VTT. Il faut juste faire attention aux rétrécissements et aux pédales qui peuvent se prendre sur les côtés. Pbda philosophe : « le meilleur sentier est toujours celui d'à côté ». Au Pas des Portes nous attend le portage de la journée, 150m de D+ pour monter sur l'altisurface. Bien délimitée par ses cônes jaune, la piste en légère pente me semble bien irrégulière et plus adaptée à un avion de brousse qu'à un Piper de tourisme. Nous retournons à nos sentier parallèles, qui nous font suivre toute la crête vers l'ouest en courbe de niveau, contournant les quelques sommets au passage, jusqu'au col du Louron (2001 m). Ayant pris un peu d'avance, je gravis pédestrement le pic du lion voisin et jouis de son point de vue sur la montagne d'Espiaube, le lac de Bareille en contrebas et le mont Né, la tête dans les nuages. La descente du pic est très rapide et eu été sympa en vélo… pour la prochaine fois.
La vallée du Louron, sous nos yeux nous annonce une descente de 1000 m dans les pâturages. Roulante et pas trop technique, c'est une descente sans stress qui me va bien. En balcon, en crête, en lacet dans les hautes herbes,… les passages sont variés. Franck nous gratifie d'un très beau saut périlleux latéral dans les bruyères sur la partie traversée, tandis que Bruno préfère les lacets dans les herbes pour ses acrobaties.
À Mont, un passage un peu rapide vers la fromagerie nous fait rater l'embranchement. Il y a alors les partisans du « je remonte reprendre le chemin raté » et ceux du « en coupant par là, on le rejoint ». Tous se retrouvent au final au prix de quelques tours de pédales supplémentaires ou … quelques coups de jus dans l'entrejambe au passage d'une clôture électrifiée. Un peu plus loin, Philippe nous annonce qu'on a encore été trop vite et perdu la trace. Tant pis, l'appel du ventre est plus fort que celui du guide : nous filons sur Cazaux-Frechet, prenons un petit bout de route, un sentier et nous voilà au rendez vous à Adervielle, où Maïlys nous attendent avec les victuailles du jour.
Terrines, rillettes, jambon blanc, tomates, fromage, pêche : le repas est complet, mais il ne faut pas traîner car le temps se fait menaçant. Le groupe des tire au flanc raisonnables se constitue pour un col d'Azet routier. Les puriste, PBda en tête, Franck et Vincent convainquent Fabien, Gilles et Bruno de passer par la piste forestière au dessus de Vielle-Louron. La piste, très large monte gentiment dans la forêt . Franck choisi la musique adéquate, et c'est parti, en éclaireur avec Vincent. Plus loin, un engin et un cantonnier débroussaillent les abords de cette piste déjà très large : l'organisation Va Rouler en fait trop !:-) Une petite brise de vallée nous lèche agréablement dans la lourdeur de l'air. Bien penser à l'hydratation. Un immense lacet plus loin, nous changeons de piste. L'orage menaçant, nous préférons ne pas attendre et balisons le chemin de croix et de flèches gravés dans la terre et formés avec des branchages. Fini la piste présidentielle, nous sommes maintenant sur une piste d'exploitation forestière, ignorant toute notion de pente maxi ou de régularité de pente. Résultat : du quasi fractionné, avec la récup' aux croisements, à constituer flèches et croix. Une grosse fourmilière indique la fin de la montée au col du Pla de la Seube.
C'est parti pour la crête jusqu'au col d'Azet : sentes parallèles, chemin forestiers, petites montées, petites descentes, passage d'arbre couchés s'enchaînent jusqu'au signal au dessus du col d'Azet. Petit coup de fil aux autres groupes : les routiers ont entamé la descente sur le GR, et nos poursuivants, la traversée de la crête. Ça se couvre et nous décidons de descendre. Peu avant le col, le GR part à droite, en surplomb de la route. Visiblement, il a bien plu ici car le chemin est bien boueux. Plus loin, la traversée de ruisseaux nous encrassent les chaussures et les pneus et nous décidons de laisser ce GR pour une autre fois et descendons sur la route. Celle-ci nous mène en un clin d'œil à la traversée du GR que nous enfilons jusqu'à Saint Lary. Sur les terres d'Ughy, la descente est rapide et ludique, mais un peu glissante quand même, après le passage de la pluie.
Au pied, nous retrouvons le premier groupe et Maïlys avec la voiture, installés près d'un ruisseau où vélos et cyclistes se refont une beauté. Le troisième groupe nous rejoint peu après. À noter que l'orage, dans son grand discernement, a choisi de saucer la route et ses cyclistes plutôt que la forêt, épargnant ainsi les braves vététistes.
Les chauffeurs repartent tous récupérer les trois voitures, intactes, de l'autre côté du tunnel de Bielsa.

Vincent